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1. déc., 2019

Il avait les cheveux longs et devant le juge d'instruction, il donnait l'apparence d'un drogué. Le juge lui posa des questions auquel il avait du mal à répondre, du au traumatisme de la mort inattendue de son père qu'il venait de perdre quelques jours plus tôt.

Sans mot dire, le juge le dévisageait, le jugeant sur son apparence au point qu'on aurait pu croire entendre les propos qu'il pensait de lui : "C'est un drogué, il a les cheveux longs, c'est donc un menteur et sa façon de s'habiller renforce ma conviction qu'il est coupable ! D'ailleurs ne se masturbe t il pas avec des livres de philosophie ! Je suis sur qu'il a fait cela à cause de la drogue…" Il avait été jusqu'à insinuer qu'il avait tenté de fuir pour échapper à la justice" en interprétant avec négation, qu'il avait été chercher le médecin, croyant son père évanoui !

Tout avait commencé quelques jours avant qu'il ne se retrouve devant ce juge.

C'était un soir du mois d'avril, il faisait nuit. Il venait de faire quelques dessins et pensait avec angoisse à l'école des beaux arts auprès de laquelle il avait postulé comme candidat pour apprendre et passer son apprentissage et ses diplômes d'artiste.

Son père rentra tardivement et ivre comme très souvent il l'était après son travail. Il commença par engueuler une de ses sœurs qui se trouvait dans une des chambres à l'étage. Lui qui entendait tout cela, sentait en lui une crispation et subissait une tension de plus en plus forte qui lui provoqua des tremblements dans tous son corps.

Puis il entendit qu'il s'en prenait à sa mère qu'il entendait pleurer. Son père qu'il aimait, avait pourtant acquit l'art de blesser avec des mots et de terroriser sa famille.

A bout de force pour lutter contre son état d'agressé voulant se défendre et défendre sa famille, il ne pu s'empêcher de prendre une décision stupide et irréfléchie en s'emparant d'un couteau de poche qui lui servait à son travail d'artiste et descendit les escaliers. Face à son père qui était assis en train de rire des larmes de sa mère, il lui asséna plusieurs coups de couteaux dont deux étaient mortels… Mais se ressaisissant, il se demanda ce qu'il était en train de faire et se recula de son père, comme pour s'excuser par un sourire.

Mais son père se saisit d'un couteau pour lui en asséner mais ne l'atteint pas.

Il remonta dans sa chambre et dans l'escalier, il entendait son père lui dire "je te chasse de la maison tu entends, je te chasse de la maison…" et lui, tout en remontant les marches, il  pensait en lui "on en reparlera demain…"

Il arriva dans sa chambre posa le couteau sur son atelier et commença à fumer une cigarette quelconque. Quand après quelques secondes ou minutes, il entendit sa mère s'exclamer "Du sang ?"

Lui dans sa chambre entendant cela fut surprit ! Il se demandait si c'était grave… et redescendant dans la cuisine il vit son père allongé sur le carrelage. Il semblait évanoui et sur la table de cuisine, il y avait une trainée de sang essuyée.

Comme il n'y avait pas de téléphone dans la maison, il se précipita chez le médecin se trouvant à 600 mètres de chez lui environs, et il se rappelait qu'il se disait "pourvu que ce ne soit pas trop grave ! pourvu que ce ne soit pas trop grave…" et arrivé devant le portail de chez le médecin, sa femme lui ouvrit. Sans attendre il dit à cette personne, "J'ai frappé mon père avec un couteau, il est évanoui, venez vite…" Puis il reparti aussi vite vers la maison familiale ou il attendit le médecin. Le médecin ne pu que constater le décès de son père. Désemparé et plein de chagrin il alla dans son jardin pour pleurer de la tragédie qui venait de se dérouler chez lui, à cause de lui. Il ne s'attendait pas à cela, la mort de son père était impossible, son père était immortel, elle ne se pouvait pas !

Voila pourquoi il était devant un juge, ce qu'il acceptait puisqu'il se sentait responsable et coupable d'avoir ôter la vie de son père sans jamais avoir voulu la lui retirer. Il se demandait comment il avait eu si peu de jugeote pour frapper son père avec un couteau ? Il aurait eu ses idées claires avant de passer à l'acte, jamais il n'aurait fait cela. Mais non, il n'avait pas  vu la finalité d'agir comme cela.

Alors être condamné, c'était normal puisqu'il avait commit quelque chose d'irréparable. Mais son chagrin, sa tristesse ne disparaitraient jamais pour autant, même après avoir purgée la peine que la justice lui infligea. Et c'est le cas, 40 ans après, la souffrance de la mort de son père est toujours bien réelle.

Il fut condamné pour meurtre volontaire. Plus tard il sorti de prison, il vit un juge d'application des peines, puis une  déléguée… Il était encore en colère contre l'insinuation de "meurtre volontaire" qui lui avait été attribué, car jamais la mort n'a été voulue de sa part contre son père. Il était encore en colère contre lui-même et ne se pardonne toujours pas ce qu'il a fait. 

Le juge d'application des peines lui avait dit que personne ne se souviendrait de cette histoire, et que son dossier ne paraîtrait pas publiquement dans les recherches, sauf si bien sur il commettait une autre infraction, même la plus banale !

Il ne commit jusqu'à ce jour, aucune autre bêtise ni aucune infracction, resta en retrait du monde pour ne pas se retrouver encore dans une de ces positions préjudiciables pour lui. Il ne voulait pas retrouver l'antre de la prison ou d'autres préparent leurs futurs coups entres eux pour une majorité, malheureusement. Mais ce que lui avait dit le juge d'application des peines n'avait pas prévu le futur avec internet !

Ce monde de milliards d'informations qui sont diffusées, conservées, proposées, vendues et revendues à l'infinie… Et dans lesquelles, le procès de cet homme resurgit à qui veut bien donner quelques euros (ou bien gratuitement) aux journaux qui détiennent cette information. Autrefois sans internet, une tragédie ne se retrouvait pas proposée au public à tout bout de champs. Certaines histoires restent ignorées du public car le temps s'est écoulé dessus. Il ne restait que les archives de France et régionales qui avaient ce genre de document. Un coupable comme untel était finalement oublié et continuait sa vie avec la tristesse de sa culpabilité pour seule conscience, lorsqu'il avait une conscience, ce qui n'était pas toujours le cas, mais ils y en avaient. D'autres avait été passés par l'échafaud… Mais lorsque l'information devient le gagne pain quotidien d'un certain journalisme, il n'y a plus de scrupule à vendre  et revendre n'importe quoi, même une vérité bâclée.

Alors en tant qu'artiste qu'il est devenu, voici que cette tragédie ressort des catacombes de journaux, ou du moins qu'un d'entres eux qui veut se vanter d'avoir des renseignements sur cet homme gratuitement ou contre une somme d'argent. Tirer profit de la mort d'autruit est la devise de  ce journal, sans ce soucier des dégats qu'ils vont occasionner aux autres menbres de la famille de la victime, seul l'argent compte et à n'importe lequel prix ! Mais que verront les gens en lisant ces articles sur cet homme ? Ils liront le verdicte : meurtre volontaire et une nouvelle fois cet homme sera à nouveau jugé et condamné ! Comme si son malheur d'avoir perdu son père dans de telles circonstances et par sa faute n'était pas suffisant, il faut encore et encore qu'il soit jugé et encore et encore condamné ! Et pourquoi ne pas  réduire à néant, la vie sociale de cet homme ayant déjà purgé sa peine judiciaire, en plus du chagrin et de sa  douleur qu'il ressent encore 40 ans après les faits !

Il n'est pas une organisation  criminelle que je sache ? Il n'est pas non plus chef ou adhérent d'une secte criminelle ? Ni un adhérant au terrorisme ? Alors pourquoi cet acharnement à ressortir du passé de telles histoires qui mériteraient comme pour certaines d'êtres oubliées du public ! Car lui, le coupable, il se souvient des moindres détails de la tragédie qu'il a vécue ! Il s'en souvient même mieux que les juges et jurés qui n'étaient pas présents sur place le jour du drame ! Il se reproche éternellement son acte qui a conduit à la mort son père ! Mais vous public : que venez vous faire la dedans ? Auriez-vous une avidité malsaine de voyeurisme de vous informer de cette histoire ? J'espère que non. Après : a-t-il le droit à ce qu'on oublie cette tragédie ? Oui car, lui seul a la conscience de cette réalité en l'ayant vécue et il s'en souviendra toujours ! Alors ce n'est pas la peine de la lui rappeler, croyez moi il s'en souvient très bien et en souffre chaque jour de sa vie. Jamais il ne s'est pardonné, et n'attend aucun pardon de votre part ni d'un public qui vit à coté de ses pompes dans ce cas.

Il ne pardonne pas aux terroristes qui sont tous joyeux après avoir tué de nombreuses personnes et sont tristes de n'avoir pas pu en tuer davantage. Il ne pardonne pas aux autres criminels qui cachent leurs crimes pour pouvoir en commettre d'autres tout en paraissant innocents pour ne pas se faire prendre… Il ne se pardonne pas et refuse le pardon des autres, car ceux qui pardonnent aux autres se pardonnent à eux-mêmes pour pouvoir récidiver impunément, pour paraitre blanchi de tous actes criminels.

Alors laissez-le vivre sa vie d'artiste, son père lui-même connaissait sa passion. Il avait vu quelques uns de ses dessins et peintures. Son père lui manque, il ne pourra jamais plus discuter ni lui demander ceci ou cela, il ne pourra plus lui montrer son travail d'artiste, ni ses livres et les idées qu'il écrit. Cessez de rechercher une réponse collective faite de ouie-dire donnée par la justice superficielle, à une tragédie d'une famille et de deux hommes qui l'un à perdu la vie et l'autre s'en veut tous les jours de sa vie et ne se pardonnera jamais. Et ce "il", c'est moi.

Michel Boettcher 28 novembre 2019.