Livre : ANYA dans ses rêves colorés.

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"ANYA DANS SES RËVES COLORéS" est un livre de fiction,  le personnage principale est une femme du nom d'Anya. Ce sont ses voyages dans ses rêves entres autres que je racconte. Ce sont de petites histoires courtes ou est mêlé fantastique, érotisme et aventure.

ISBN : 979-10-93378-16-9

Vente par correspondance, frais d'envois pris en charge par le vendeur.

Bien que le livre est d'une douceure extrème, il est plutôt pour adultes du à certaintes scènes décrites en textes et en images.

Imprimé à 15 exemplaires en format A5 de 108 pages. Ces 15 exemplaires sont enrichis de 34 planches d'images. Des dessins à la sanguine et des collages sont représentés pour donner au lecteur une vision de mon esprit. Un signet de couleur pourpre violacé métallisé est inclu, collé dans le livre. Numérotés à la main, 1 / 15 etcétéra. Ce sont 15 livres d'arts au sens propre du terme, car une fois ces 15 exemplaires vendus, l'édition suivante sera une édition courante et avec peu d'images ou pas du tout. Ils seront édités par un éditeur que je chercherais le temps venu.

Le livre d'Art en autoédition est vendu 80 euros. Le prix de vente du livre en édition courante par un éditeur sera d'environ  19 euros plus où moins. Le livre est en vente auprès de l'artiste.

Voici le quatrième texte de mon livre que je vous offre à la lecture :

titre : "La nymphe du pont des Arts"

 

" La nymphe du pont des Arts "

 

1

A

près avoir terminée une journée de poses comme modèle pour son ami artiste, Anya rentre chez elle. Elle dépose ses affaires rapidement sur une chaise, accroche son sac et son manteau et puis se dirige vers la  douche pour se laver avant de manger.

Elle se dévêtie et entre dans la cabine de douche, tourne les robinets et laisse couler l'eau sur elle. L'eau ruisselle sur son corps tout en se frottant avec un gant en mousse rempli de savon. Elle se rince, sort de la cabine de douche et se passe une serviette de bain pour se sécher rapidement.

Puis, allant dans sa cuisine, elle sort du réfrigérateur un repas cuisiné qu'elle réchauffe dans un micro onde.

La fatigue contraint Anya de manger rapidement et laisse sur la table, les restes du repas qu'elle vient de faire. Elle s'en va rejoindre son lit sur lequel elle se laisse tomber en fermant les yeux…

Elle s'endore rapidement laissant vite ses rêves l'emporter vers un monde rempli de sensualité.

Très vite, Anya se retrouve dans un monde étrange et féerique ou elle évolue nue, volant dans les cieux colorés, comme dans un monde psychédélique… Celui-ci se trouvant être "psychédélice" sans les  contraintes et la  fatigue qui en sont absentes. Elle lui semble même que le temps n'est plus le même et s'écoule  dans une grande légèreté d'apesanteur…

S

oulevée, Anya plane au dessus des arbres et des fleurs, comme portée par des mains invisibles qui la font évoluer près de bouquets fleuris embaumés de parfums. Les oiseaux chantent et volètent près d'elle, sans crainte de la toucher de leurs ailes multicolores …

Planant comme une plume décrochée de l'aile d'un bel oiseau, elle se sent déposée dans une grande fleur ou le pollen jaune la couvre sur sa peau d'une fine poudre d'or…

Les papillons et les abeilles, comme tous les insectes lui paraissent géants, mais ils ne s'attardent pas près d'elle.

Au creux de cette fleur en forme de coupe, Anya se sent bien et profite de la douceur de l'air ambiant qui la caresse tout autour d'elle, lui provoque des sensations sensuelles effleurant son corps qui l'enveloppe d'extase.

Et toujours dans son rêve, un grand désir sexuel l'envahie intimement, dans la corole de la fleur ou elle s'allonge, Anya referme ses yeux.

S

es yeux clos, elle se retrouve alors dans un lieu ou elle devient naïade, une de ces créatures mythologique qui vivaient nues près des rivières. Et pas loin de son regard, près d'un arbre fournissant de jolis abricots orangés et mûrs, elle vit un homme nu allongé sur la berge ou quelques fleurs écloses aux parfums forts et délicats à la fois, parsèment le sous bois jusqu'au bord de l'eau.

Anya s'approche de lui, cet homme nu lequel est un géant endormi dont la peau d'écorce claire lui semble douce au 1er regard qu'elle pose sur lui.

Sans bruit, pour ne pas le réveillé, respirant son parfum de sève fraiche qu'une blessure laisse diffuser autour de lui, elle entreprend de faire le tour du propriétaire, de la tête aux pieds, pour découvrir et toucher toute son intimité. Anya le regarde, puis trouve un moyens de le gravir jusqu'à son ventre ou elle peut enfin découvrir l'objet de son désir.

 

L

e géant dort profondément, il ne sent pas les pieds nus d'Anya marchant sur son ventre et qui dirige ses pas vers son désir en érection. Elle regarde avec envie, son sexe d'homme fantastique, de géant à la peau d'écorce claire qu'elle veut prendre sans aucune modération…

Et s'agenouillant  jusqu'au fruit désiré, elle entreprend de le porter contre sa poitrine puis de l'enlacer dans ses bras, contre son ventre et ses seins. Une légère pluie d'or de pollen tombe sur elle, comme dans la coupe en fleur ou elle fut déposée et une multitude de fleurs s'offrant à elle, répandent à leur tour cette bruine de pollen doré…

La verge au bout rose du bouton à peine éclos prend toute la circonférence dans ses bras qui enlacent comme un bébé délicat et fragile, la fleur du géant endormi.

Anya dépose de tendres baisers sur la fleur de son extase, passant sa langue dans la fente des pétales roses qui excités s'entrouvrent et se durcissent.

Un des fruits orangé et mûr s'éclate près elle, versant la sève qui s'en écoule lentement, tiédie par les rayons du soleil. Le flot s'écoule sur elle et la baigne de sa chaleur liquide, laissant ainsi la sève du fruit du géant s'insinuer dans son corps et dans son intimité qu'elle frotte pour en exciter son plaisir. L'extase lui fait pousser quelques légers cris d'orgasme…

L

e fruit mûr et agréable de cet arbre retrouve sa forme dans la vision d'Anya, un abricot juteux paisiblement tombé sur le sol pour être mangé. Sa saveur l'emporte dans cette sensualité au plus profond de son sommeil.

De ses pieds à sa chevelure rousse, Anya se laisse glisser vers les hanches de l'arbre géant et s'assoit heureuse de

cet instant. Elle sait qu'elle n'est que dans un rêve qui lui apporte un agréable moment de plaisir et s'endort quelques minutes sur le ventre de la Terre, son esprit rempli de sentiments troublés.

Puis après, comme changeant de scène, elle repart nue vers la fleur en forme de coupelle qui l'a conduite ici. Le géant  endormit sur la berge disparait de sa vision pour céder la place à l'envie d'aller se baigner dans le lit limpide et frais de la rivière.

A

nya nage en caressant l'onde douce ou elle prend le temps de vivre l'instant présent. Les poissons, grenouilles et autres créatures nagent autour d'elle, tout en se laissant porter au fil de l'eau, au loin vers la mer ou l'océan.

L'eau  fluide et claire, dépose son corps accompagné de vaguelettes argentées sur une plage ou Anya se repose sur son étendue de sable chaud.

Au dessus d'elle, quelques nuages couvrent le ciel bleu de nuit, progressivement. Le sable doux et bleu comme le saphir et l'aigue marine garde son empreinte comme un moulage de sa présence couchée. Puis, quelques gouttes de pluie tombent enfin sur son corps qui frissonne d'émotion…

La pluie est d'une douceur tiède, comme celle d'une douche ou l'eau serait à la température idéale et Anya trouve cela agréable.

Elle se relève de sa couche sablonneuse, se met à danser, rire, ouvrir ses bras en regardant le ciel qui verse par ses gouttes de pluie sur son visage et sur son corps, toute sa douceur et sa délicate sensualité !

La nature est là, Anya lui parle avec son esprit, avec ses gestes, sa féminité et de ses pas dansants empreints de poésies qui enchantent et séduisent les éléments de la Terre… Puis après cet entracte de pluie bienfaitrice, continuant leur chemin, les nuages courent vers d'autres paysages où d'autres êtres vivants attendent leurs venus.

De doux rayons de soleil enlacés aux cheveux d'Anya illuminent le sable bleu de la plage et les grains de sables scintillent de tous leurs feux, comme une multitude d'étoiles qui se seraient posées sur le sol sous les pas d'Anya émerveillée !

C

omme elle marche, quelques grains de sable s'élèvent éblouissants comme des étincelles pour rejoindre le ciel, ce qui ravie Anya pour chacune d'entres elles.

Puis se rassemblant au dessus d'Anya, elles forment comme une traîne d'étoiles qui la suivent comme pour l'éclairer de sa destinée. Quelques papillons de nuit s'attardent dans ses cheveux éclairés de lumière, dont les rayons de soleil se sont noués. Et des étoiles bleues saphir et d'aigue marine la guide vers des saveurs qui poussent au sol… Des mûres, fraises et framboises ainsi que d'autres accrochés aux bouts de leurs branches, des abricots et cerises et autres fruits l'invite aux délices de leurs saveurs.

Au loin, une musique douce et paisible la fait vibrer à chaque note qui la bouleverse, touchée par cette harmonie sensuelle de violons. Chaque note déclenche en elle une sensation sexuelle qui effleure sa peau et son corps tout entier comme un désir qui se renouvèle.

Et portée par ces notes, haut dans le ciel, elle se transforme en femme étoile et déesse au dessus des paysages et des océans.

Le vent prend alors la relève et l'emporte au dessus de Paris et de la Seine ou trouvant l'endroit approprié, il la dépose dans ses eaux pour qu'elle y soit accueillit dans le monde d'un rêveur qui n'attend rien qu'elle : la venue d'une femme, d'une nymphe ou d'une déesse pour partir avec elle dans le ciel étoilé de sa sensualité.

Dans son souffle, le vent la porte accompagnée d'une pluie de pétales de fleurs de roses qui tombent du ciel avec elle, provoquant l'écume et les remous aux vaguelettes dorées et argentées qui s'étalent en s'échouant en gouttelettes de larmes éphémères, sur les rives de la Seine légèrement embrumées.

Et peu après, par une matinée claire ou le soleil est à peine levé, elle parait nue au bord de la Seine devant un artiste en train de préparer sa toile. Saisit d'une grande émotion à la vue de cette merveilleuse créature sortie de l'onde, il ne sait si c'est Aphrodite venant à lui et qui naissante d'une vague, accoste les berges de la Seine à Paris…

 

2

      

A

ux premières couleurs de l’aube nimbant Paris de sa lumière pâle, une légère brume s’élève rafraichissant l’air de cette matinée d’automne. Quelques joggeuses courent sur les berges de la Seine, foulant de leurs pas, quelques feuilles mortes tombées dans la nuit. Des vaguelettes argentées, filent sans bruit le long des rives du fleuve ou quelques canards s’ébattent joyeusement.

C’est dans ce lieu que les songes s’éveils, sous les voûtes d’un pont  ancien, enjambant les rives de la Seine miroitant les donjons de la Conciergerie.

        Anya rêve de l’homme aux songes. Celui né de la pluie tombant sur les arches du pont des Arts et qui ruisselle sur sa peau blanche, sans pour autant être né de la dernière pluie... Sa vie est ensorcelée par Anya, nymphe aimante et qui sur lui, déposa loin d'elle, tous ses chagrins aux heures les plus sombres lorsqu'elle s'endormie pour le rêver…

Il vit sa vie d’artiste et de bohême s'éclairer ici et la, parcourant le monde surréel avec ces quelques relations épistolaires et ces copains d'autrefois. Il laisse la tristesse à la garde d’un abri confus et obscure loin du regard des autres.

E

t dans son atelier aménagé de brocantes et de planches, il fait suite de sa chambre éclairée par les clairs de Lune et les yeux d’une chouette amie dont ses hululements lugubres sont pleins de bonnes intentions.

Un chat philosophe et centenaire vit avec lui, ami et fidèle compagnon auquel il lui offre quelques caresses, mots doux et  affection. Souvent, lorsqu'il peint dans son atelier, celui-ci vient s’installer et ronronner sur ses cuisses en regardant avec curiosité, les pinceaux entrainer les couleurs glissants sur la toile.

 

C

e matin, à l'aube se levant en même temps que lui, il prépare une toile qu'il espère couvrir de son inspiration. Aux abords des berges de la Seine, il compte s’installer pour trouver les couleurs pastels, sur les silhouettes des gens qui passent, sur les contres jours et nuances de feuillages, sur les contrastes du Pont 9 et ceux du Pont des Arts. Il n'a pas besoin de prendre le bus ou le métro, la Seine s’écoule au pas de sa porte et seules quelques marches le feront descendre jusqu’à elle. Son histoire est celle d’une vie solitaire, ou il n’y aurait rien et surtout personne venant troubler sa monotonie.

Mais les choses allaient changer, justement ce matin, aux abords des berges de la Seine, ou quelques fois les nymphes naissent lorsqu’un embrun d’écume de l’onde claire se métamorphose au contact d’un rayon de soleil : en femme, nymphe, sirène ou déesse…

 

J

e suis arrivé posant mon chevalet, puis ma toile et mes pinceaux, face au soleil se levant sous une arche du Pont Neuf, quand je la vis naitre devant moi…

Elle sortie de l'onde ruisselante, ou l'écume semblait bouillonner encore autours de son corps de belle allure. Elle se leva à quelques mètres de moi, portant ses bras en arrière pour essorer sa longue chevelure, avant de se pencher légèrement pour découvrir la nudité de son être venant à ma vue. Puis elle tourna son regard vers le mien et je lui souri médusé.

C’est une jolie femme rousse, avec ses cheveux qu’elle a rejetés en arrière. Elle vit que je lui souri et me fit un sourire amical en réponse au mien.

Je m’empressais de lui demander avec un brin d'humour

_" Ca va ? , c'est votre copain qui vous a jetée à la Seine, ou est-ce un bain que vous preniez de bon matin ? " Auquel elle me répondit

_"Non-non, je suis venue des Nues par le vent qui m'a portée jusque dans l'eau de ce fleuve ou je suis née. Je suis juste un peu surprise de découvrir le monde dans lequel je viens de naitre ! "

C’est ainsi que la conversation commença, un matin d’automne sur les berges de la Seine. Je vis qu’elle est très  belle, ruisselante de rosée en contre jour au lever du soleil. La resplendissante beauté de son corps et de son visage me firent envisager que je sois dans un rêve tout éveillé, et je lui tendis ma blouse de peintre pour qu’elle puisse se sécher.

_" Vous n’avez pas froid par cette matinée brumeuse ?"  Je lui demande " Ou sont vos vêtements, je n'en vois pas, j'ai beau chercher ?... "

_" N'en cherchez pas, je viens de naitre de l’écume de la Seine et d’un rayon de Soleil ! " Tout en me montrant de sa main gauche la Seine…  elle me dit " Je m’appelle Anya et j'ai parcourue la Nuit et les étoiles pour vous rencontrer… "

_" Ah ?... Ce n'est pas croyable, vous avez parcourue la nuit et les étoiles pour me rencontrer ? … Moi je n'attendais pas si belle créature dans ma vie d'artiste ! Et je m’apprêtais à m’installer pour peindre lorsque je vous ai vue paraître ! Ce doit être la beauté de vos cheveux qui  flamboient qui m’ont ébahi au point de m’être figé à votre vue ! "

A

nya me sourit sympathiquement de ce que je lui dis et me répondit

_" C’est gentil Monsieur ! " (sur un ton amusé.)

_" Oh il n’y a pas de Mr ! Je m’appel Charly et vous pouvez m’appeler Charly si vous le voulez bien ! " _" D’accord, moi je m’appelle Anya, voila pour les présentations ! Et on peut se tutoyer aussi si vous voulez ? "

J

e m’avance vers elle et je lui tends ma main pour lui prendre la sienne en lui répondant

_ "Oui bien entendu, ça réduit les distances et d’ailleurs se serait mal conjuguer la 2èm personne du singulier que de nous dire vous !"

Elle me dit :

_ "Il y a longtemps, j'avais entendu ta tristesse portée par le vent doux, les nuages et la pluie venue en messagère. Je suis née en réponse aux larmes d'un jeune garçon solitaire qui m'avait appelée et émue de son âme qui m'a touchée…"

Charly l'écoute avec émerveillement. Il a dans son esprit les images qu'Anya lui a créées par ses propos d'un monde extraordinaire d’où elle serait venue ! Il se souvient alors de son enfance et de ses chagrins, autant que de ses moments d'espérances qui l'ont guidé et l'ont rendu serein.

Il voyait dans son esprit : le sable bleu, les étoiles guidant Anya, le vent la porter… Et comme elle risquait de prendre froid, il lui proposa de venir chez lui pour se réchauffer.

_ " J’ai des vêtements que tu pourras choisir et tu pourras prendre ceux qui te conviennent le mieux ! " Et tout en lui parlant, il remballa son matériel de peintre et Anya le suivi jusqu’à chez lui.

_"Je te suis maintenant pour découvrir ton chez toi !" me dit Anya.

Nous marchions jusqu’à une arche du Pont des Arts qui était éclairée par ce soleil pâle orangé du matin et sur le sol de pavés gris et ocre rouille du port du Louvres, les feuilles mortes ressemblaient à des feuilles d’or entraînées par un vent léger.

A

nya découvrant l’intérieur de chez Charly ne dit rien. Bien que petit, juste deux pièces rudimentaires et 1 salle de bain dont la Seine en est la baignoire, elle se sentie chez elle sachant son lieu de naissance dans le fleuve, à deux pas de la maison de l'artiste baignée dans la brume. Elle regarda par la fenêtre de la pièce, contempla les arbres aux feuillages mordorés et les toits aux alentours, ornés de cheminées fumantes et d’antennes de télévisions. Au loin confusément, dans les bruissements de la ville qui s’éveille, les murmures des voix des badauds et des passants.

Ouvrant un tiroir, je lui montrais des vêtements qu'elle pouvait prendre, car ils étaient là depuis fort longtemps. C’était quelques souvenirs de mon amante défunte et dont je n’avais pu me résoudre à me séparer. Il y avait encore dans la penderie à coté de mes vestes et chemises, les robes toutes remplies de souvenirs émouvants me rappelant ses parfums, ses rires et sa beauté.

Je lui dis :

_ " Prend tout ce que tu veux Anya ! Ils sont à toi. Nous irons ensemble en acheter d'autres rien que pour toi !" Elle avait défait les boutons de la blouse que je lui avais passée pour la vêtir au bord de la Seine ou elle était née et la laissa tomber sur le parquet. Anya s’attarda devant les jolies robes, sortant chacune d'elles pour les apprécier mais n’était pas pressée, car son regard était attirée par l’atelier où mes dessins et toiles étaient entreposées. .Elles attiraient son attention par les couleurs et les scènes que j'ai peintes et s’avançant vers celles-ci, elle s’exclama :

_" C’est toi qui fais cela ? C’est très beau ! "

E

lle regarde les portraits et les paysages… S'attarde un peu plus sur les nus exposant leur académie, puis retournant nue vers moi, elle tria les robes pour se saisir de l’une d’entres elles de couleur blanche et l’enfila. Je l'aidais à fermer sa robe en faisant glisser la fermeture jusqu'à son cou, lequel elle le découvrit en soulevant sa chevelure rousse. Le temps était suspendu, comme ralenti et la présence d’Anya dans ma maison commençait à me séduire. Je lui demandais :

_" Tu es née ce matin et tu as déjà l’apparence d'une très belle femme ! Sais-tu combien de temps tu vivras Anya ? "

_" Non, je ne le sais pas. Et toi le sais tu combien de temps tu vivras ? "

Je lui mimai un non de ma bouche en plissant mes lèvres pour exprimer que je n’en savais rien.

_" As-tu faim,  manges-tu ? As-tu sommeil ? ".

Anya leva les yeux pour réfléchir et me dit

_" Je ne sais pas si je mange ou si je dors, je te le dirais si quelque chose me poussait vers l’envie où le besoin de le faire !…"

 

T

oujours sous l’emprise de ce songe, nous descendions l'escalier qui donnait entre autre, une sortie coté Seine et une autre sur la rue. Nous n'étions pas loin du Musée du Louvres et les tables des cafés aux alentours, invitaient nos pas à venir nous y installer pour passer un moment amical. Anya découvrait tout cela, assise à mes côtés à la table d’une terrasse ou quelques plantes vertes délimitaient son emplacement. Je lui dis :

_" d’ici on voit une partie de la vie des gens, et l’autre partie qu’on ne voit pas, on l’imagine si l'on en a envie. "

Elle me dit,

_" Je sais que l'imagination peut être belle et je la laisse me conduire vers des émotions de beautés  sensuelles…  Tout comme lorsque tu peins des femmes, leurs corps aux formes délicates dans lesquels je me retrouve… Ta peinture est un enchantement pour mes yeux et pour mes sens Charly"

Pour la 1ère fois Anya m'appelait par mon prénom, comme si nous-nous connaissions de longue date. Et assis buvant un café pour nous  réchauffer, nous échangions nos regards ressentant une attirance l'un pour l'autre.

P

uis, quelques nuages arrivants de l'Ouest, la pluie se met à tomber sur nous.

Nous-nous levons et partons nous abriter sous la voûte céleste de nuages verdoyants.

Sous les pas légers d'Anya en robe blanche, ses pieds nus effleurent  le sol duquel des fleurs se mirent à pousser, encombrant les rues de la végétation fraichement née.

Déjà : quelques coroles et coupes de fleurs parfumées s’épanouissent comme dans une prairie au printemps. Les murmures des badauds s’estompent, comme s’éloignant de nous, mais en fait : ils sont médusés par ces enchantements féériques ! Et jusqu'à l’emplacement des routes et des murs de pierres,  ou se lèvent des arbres sinueux et majestueux d'ou des fleurs s'épanouissent aux bouts de leurs branches, dans un écrin d’olivine et d'émeraude verdoyante.

Au loin, le pont des Arts se pare d’arches de roses toutes en fleurs et envoutant les gens de leur délicat parfum. L’onde de la Seine miroite son étincelante dorure dans laquelle se reflète le soleil vers le regard des gens incrédules et émerveillés.

L

es anges tombent du ciel, sans fracas ni gloire, et les démons les rejoignent, perdants tous les uns et les autres, leurs pouvoirs de séductions, devenus  ridicules devant la beauté de la nature.

La Terre s’ouvre sous les pas des tristes sirs en les avalants sans goût de revanche ou de punition.

Certains s’en remettent au ciel, au dieu et à n’importe lequel, qu'aucun d'entres  eux d'ailleurs ne leur répond… Pas même la technologie qui devrait leur permettre de s'enfuir, de s’échapper sur d’autres Terres, d’autres planètes… Mais rien n’y fait : la nuit et le sommeil  les rattrape ou qu’ils aillent ou qu’ils se cachent. Même leurs magots ne servent plus à rien et tendant de leurs bras en désespoir de cause, les liasses de billets, de monnaies, de cartes de crédits et de bits-coins qu’ils ont accumulés : ceux-ci se consument entre leurs doigts verdis par la nature et de la renaissance de la vie.

L

a robe blanche d'Anya se dissèque en lambeaux qui s'étiolent, puis à leur tour, se transforment en filaments de vie. Et chacun d’entres eux en touchant le sol, donnent renaissance à une plante, un arbre, un animal, un oiseau, un poisson…

 Je suis étonné et abasourdi ! Je vois ce qu’Anya est en train de créer sous mes yeux, sous les yeux de tous !… Retrouvant sa nudité originelle, elle transforme tout en nature pleine de vie !

Et ils sont comme cela des millions de fleurs et d'êtres de toutes natures à renaitre des filaments de sa robe au contacte de la Terre, du Soleil et de l’Eau.

Je vivais sous un pont autrefois, celui-ci est devenu une passerelle, une route à la vie depuis qu’Anya la Nymphe l’a transformé en arches de fleurs de roses aux parfums délicats.

Plus aucun humain depuis ne s’impose ici ou là pour faire sa loi sur les autres êtres vivants quels qu’ils soient. L’humilité est revenue parmi les consciences des gens qui se fichent depuis des dieux, des religions et de leurs représentants, autant que des rois et présidents mégalomanes et tyrans, des obscurantistes financiers et leurs sbires économistes.

Tous sont redevenus des êtres vivants au même titre que n’importe lequel animal ou plante vivant sur notre Terre.

M

a tristesse qui me collait à ma peau, se faisant lourde au quotidien comme une pierre tombale et pesante de tout son poids sur mon esprit, disparue peu à peu. Anya resta avec moi le temps de ma vie et je m'en allais dans son ciel étoilé de sensualité et de fleurs parfumées.

Je foulais à mon tour le sable bleu sur lequel Anya avait laissée son empreinte et ou quelques étoiles aux couleurs de l'aigue marine et du saphir naissaient sous ses pas.

C'est ainsi que prit fin le rêve d'Anya au matin d'une nouvelle journée.

 

3

 

A

u matin Anya se réveille sortant de ce rêve étrange. Dans son esprit, elle revoit quelques images de son voyage dans ce rêve, le ciel azur dans lequel il lui sembla voler…

Elle se dit qu'elle devait raconter son rêve à Charly pour partager avec lui cet instant si intense, qu'elle voudrait qu'il soit réel… Charly pourrait peindre alors les images de son rêve pour s'approcher au plus près de ce monde parallèle dans lequel Anya évolue et s'épanouie.

E

t arrivant à l'atelier de son ami peintre, elle lui raconta ce rêve et Charly fut enthousiasmé. Le rêve d'Anya lui plut par tout son coté féérique et surnaturel.

Anya me dit,

_" Je t'ai imaginé comme le fruit d'un abricotier orangé et mûr que je mangeais ! J'ai vue et fait tellement de choses agréables et belles que j'ai encore cette sensation qu'une partie de moi est restée dans ce rêve !"

Je lui dis,

_" Ton rêve est si beau que l'inspiration me vient et je n'irais pas la chercher au bord de la Seine, mais dans ton esprit qui est si merveilleux et plein de poésies sensuelles. J'aimerai bien un jour le découvrir avec toi, parcourant ensemble les chemins que tu caches au fond de ton être, tes rêves sont si beaux !"

Et prenant quelques notes sur un carnet, Charly dépose quelques idées de tableaux en prévision de les peindre.

A

nya est passionnée dans tout ce qu'elle entreprend. Elle aime aussi les livres de fictions, ceux érotiques, ceux de sciences et d'archéologie et s'intéresse un peu à tout. N'allez surtout pas croire que les filles ne s'intéressent qu'à la couture et restent docilement dans les normes imposées par les coutumes !

Peut être que certains de ses rêves proviennent de ses nombreuses lectures et de ses rencontres dans la vie. Cela ajoute à sa sensibilité, son regard nouveau sur des idées déjà acquises et d'autres qui méritent d'êtres défrichées.

Elle ne sait si demain elle ne découvrira pas une nouvelle idée émergeant de son esprit ouvert sur des sujets que d'autres ont déjà bâclés…

E

lle me dit :

_ "Il faut aimer ce qui est beau, sans jamais l'enlaidir de préjugés, d'autorités, de normes ou de coutumes, pas plus que d'idées fausses et contre nature…"

Michel Boettcher

C'est l'image de la couverture. © ADAGP PARIS 2019.

http://www.adagp.fr/identities/michel-boettcher-68046

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